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Test & Analyse – Le retour de Final Fantasy 7

Test réalisé par Light01C et Kodah sur PlayStation 4 Pro.

Chaque histoire démarre quelque part et celle de ma relation aux jeux vidéo démarre en 1997. J’ai une douzaine d’années et un ami me fait découvrir un jeu atypique pour moi. Ce n’est pas ma première expérience avec le jeu vidéo, j’ai joué à la NES, super NES, chez des amis, des cousins. Mario, Tortues Ninja, Star Fox, Fifa, Resident Evil… Les jeux sont sympas mais le fait de ne pas avoir de console chez moi me fait décrocher sans problème. Un seul jeu m’a captivé immédiatement : Final Fantasy VII. Pourquoi ? Aucune idée sur le moment, j’y pense sans arrêt et j’en parle tout le temps. Le petit blond et ses matérias, où est-ce que son aventure va le conduire? Je suis frustré quand je dois rentrer chez moi pourquoi une telle réaction ?

Tout bascule quand mes parents m’offrent la PlayStation. Ma toute première console et un jeu de combat robotique passé sous les radars : Zero Divide. Le jeu est cool et permet des combats virtuels avec mon frère. Sympa mais le plaisir est limité dans le temps. J’ai une pensée pour FF7 à chaque allumage : où en étais-je dans cette aventure? Mon ami finit le jeu et me le prête… Tout bascule.

Je tiens à préciser que cet article est extrêmement subjectif. Il s’agit de mon avis sur le jeu et il contiendra des spoilers sur l’œuvre originale et le remake.

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Moi, l’original et le remake

Si je dois compter mes heures sur un jeu vidéo je pense que peu de jeux peuvent rivaliser avec FF7. J’ai fait le jeu dans tous les sens, obtenu tous les objets, vu tous les dialogues, combattu tous les ennemis, refait l’histoire une vingtaine de fois. Je connais ce jeu sur le bout des ongles et j’aime son message tout autant que sa légèreté. Qui a fait l’original en 1997, s’est toujours demandé quand ressortirait ce jeu sur la génération de consoles actuelles et ce à chaque génération, pas vrai ?

Quand le premier trailer est sorti j’étais anxieux et curieux. Anxieux car ce jeu tient une place particulière dans ma ludothèque, vous n’avez clairement pas le droit à l’erreur avec celui-ci. Curieux car les images sont belles, l’atmosphère de Midgar est préservée. Et si ça fonctionnait ? Soyons francs, les remakes sont souvent soit catastrophiques soit génialissimes. C’est un pari contre une fanbase qui a grandi avec un titre original, qui l’a presque sanctifié. Les attentes sont supérieures à tout, je n’ose pas imaginer la pression pour les équipes en charge du projet ! Conserver le jeu d’origine, en faire du neuf sans trahir ses fans c’est la promesse et l’attendu.

La réussite du Remake ?

C’est donc avec tout ça en tête que j’ai mis la main sur le Remake. J’ai volontairement réduit ma hype en me coupant du marketing. Je ne projetais pas de l’acheter immédiatement d’ailleurs. Petite anecdote: mon frère et moi sommes nés à 2 jours d’intervalles (avec 4 ans d’écarts) et nous nous sommes mutuellement offerts le jeu sans le préméditer. Comme quoi la nostalgie de ce titre n’a pas marqué que moi. J’ai donc joué à FF7R le jour de sa sortie en totale découverte. La première impression est dingue. Midgar respire la crasse et la Mako.

On note déjà de petits changements mais ça accroche à l’univers, ça sent bon, je revis ma jeunesse avec plaisir. Le jeu est beau, l’ambiance est là. Premier combat… Le système est incroyablement efficace. Je sens déjà la profondeur du gameplay. Fini le tour par tour? Oui et non, c’est bien pensé de sorte à ce que “switcher” de personnage soit nécessaire pour mener des combos complexes. L’ATB (la jauge d’action des personnages) prend un nouveau sens. J’aime ! On plonge au cœur du réacteur, c’est une réussite totale et je perds mon latin face au premier boss. Je joue en normal, c’est dur, c’est génial, c’est dynamique …

Ce jeu est une merveille de gameplay dans ses combats et dans le respect du matériel de base. Le système de matéria fonctionne toujours. Les armes sont pensées pour s’adapter à votre style de jeu. Les compétences des personnages sont orientées de façon à créer des complémentarités avec les autres personnages afin de monter des combos dévastateurs. Trouver les faiblesses des ennemis et utiliser ces combos est primordial pour générer l’état de Choc et vaincre rapidement un adversaire.

Histoires principales et secondaires

Si le système de combat est sans faille, nous devons parler de l’histoire principale et des quêtes annexes. Je commencerai simplement par dire qu’il dispose d’une durée de vie variant entre 30 et plus de 50 heures en fonction de ce que vous y cherchez. Je craignais justement d’avoir un jeu de 6 heures denses mais courtes mais il n’en est rien, l’aventure principale est riche et étoffée par rapport à l’original. C’est principalement dû au fait qu’ils ont revu le périple de Cloud dans Midgar en insistant sur son activité principale de mercenaire et en approfondissant ses relations avec Tifa, Barret & Aerith. Vous allez visiter les bidonvilles du secteur 7 et venir en aide à ses habitants. Les quêtes secondaires ont conservé la légèreté de l’original.

“Cette légèreté atteignant son paroxysme durant ce que je considère comme étant le chapitre le plus tordant du jeu, celui dans lequel nous nous retrouvons à arpenter Wall Market, quartier malfamé mais pourtant très fréquenté pour les spectacles et services qu’il propose. Et durant tout mon périple à travers ses rues, bercées par les néons des enseignes du quartier je comprends que ce remake n’a pas perdu le grain de folie pure qui existait dans l’original. Cloud découvrant les joies des massages et du travestissement après s’être battu contre une maison démoniaque au côtés d’Aerith. Oui, c’est aussi déjanté que pouvait l’être l’original et c’est une superbe expérience que de voir comment Wall Market s’est véritablement vu être sublimé dans ce remake.

Ce chapitre du Wall Market est, comme vous vous en doutez, celui qui m’a le plus marqué, non seulement pour son ambiance mais aussi car il est celui qui est dans la continuité de l’introduction d’Aerith. Je pense que, de toutes les relations qu’à Cloud au long du jeu, Aerith est, à mes yeux, celle qui a bénéficié du meilleur traitement et approfondissement dans ce remake. Passant de la jeune fille que l’on souhaitait protéger et que l’on pouvait presque voir comme fragile, elle devient ici une jeune femme forte, étant même particulièrement emballée à l’idée de se battre à mort dans une arène sous les hurlements d’une foule en délire.

Tout en n’hésitant pas à remettre Cloud à sa place à chacune de ses réflexions, Aerith n’en reste pas moins légère. Sa présence apporte une certaine douceur dans les aventures de notre mercenaire blond dans le secteur 5, par son comportement vis-à-vis de ce dernier qui s’attendrit de plus en plus à son contact.”

– Kodah

Cependant l’aspect général du jeu étant bien plus sombre j’ai un problème de ton entre les annexes et l’histoire principale. Qui plus est, la méthode est datée comme pas possible : une fillette qui perd ses chats, des monstres qui ont pris les locaux d’une usine, des PNJ clichés au possible. Ça marchait dans l’original et son aspect cartoon. Ça marche moins dans ce remake plus mature visuellement. La visite de Midgar reste, elle, une expérience assez inégale. Le jeu est très beau sur plein d’aspects mais en revanche certaines textures sont surprenantes tant elles sont à la limite de l’absence.

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Elles ressemblent plus à un .jpeg mal étiré qu’à des bâtiments – Kodah

Au-delà de ce point, la direction artistique est au rendez-vous et je suis certain que la visite de la tour Shinra vous laissera la mâchoire fracturée, surtout pour les fans de la première heure.

Hors des quêtes annexes vous pourrez donc retrouver l’équipe de choc d’Avalanche. Le lore est bien plus étoffé sur cet aspect car désormais AVALANCHE est un groupe dont Barret est un leader d’une toute petite section dissidente.

“La fine équipe qu’il forme avec Biggs, Jessie et Wedge gagne en crédibilité mais aussi en substance car le remake se donne la peine de creuser leur personnalité et leur passé. Ainsi, contrairement au jeu original, le drame qui arrive au Secteur 7 nous impacte véritablement.

L’AVALANCHE de Barret est une faction extrémiste, quasiment détestée par la “branche principale” et dont la Shinra se sert pour servir ses intérêts à plus grande échelle.”

– Kodah

Le jeu gagne une dimension supérieure dans ses complots géopolitiques sans tomber non plus dans le complexe. C’est appréciable car il appuie un peu plus sur des thèmes qui lui sont propres tels que l’écologie, le contrôle des foules ou le cyberpunk. Soyons clairs, le titre ne devient pas pour autant un Metal Gear Solid mais il propose malgré tout de petites morales de ci de là et c’est plutôt bienvenu.

Le fait est que l’ensemble me paraît assez riche et respecte le matériel original tout en l’étoffant très largement. En revanche, c’est dans ce qu’il apporte de neuf qu’il peut très vite diviser l’opinion des fans. L’arrivée des Fileurs et de la thématique de la destinée apporte un petit nombre de changements sur le déroulé de l’histoire et principalement sur la fin. Sur ce point, je suis personnellement curieux mais je peux comprendre ce qui dérange. Je vais ici vous donner mon avis sur la question.

Les serpillières qui divisent

Les divers changements opérés sur l’histoire principale passent notamment par l’ajout d’entités invisibles qui semblent régir le destin de la planète (les fameuses serpillières dont parle Barret). J’ai cru comprendre que ce point divise la communauté mais pour ma part je suis plutôt curieux. Effectivement tout cet aspect n’est pas présent littéralement dans l’original mais si on y pense un peu ce n’est pas si surprenant que cela. Je dis ça car le destin, les Fileurs, semblent lié aux Armes créées par la planète. Leur noms de Fileur Hérault, Rubis et Émeraude (et Ambre) rappellent bien ces supers boss optionnels de fin de jeu.

Final Fantasy VII WEAPON
Ils partagent d’ailleurs cette fonction similaire : protéger la planète – Kodah

Ainsi, même si ce n’est pas vraiment précisé dans l’original, quelque chose défend bel et bien la planète et le Remake associe cette défense aux Fileurs, au destin. A voir par la suite comment cet arc est exploité. C’est un thème assez bien connecté au jeu, par ailleurs quand on connait l’histoire de Cloud, de Sephiroth, d’Aerith, des Anciens, d’Hôjô et de la Rivière de la Vie plus généralement. Bien qu’il ne soient pas présents à l’origine, ces personnages liés à la planète et défiants leurs conditions me semblent tous désignés pour s’accrocher à ce nouveau thème.

En revanche je suis un peu plus dubitatif quant au fait d’affronter Sephiroth en guise de boss de fin. Certes, il permet de développer les nouveautés et clôturer le jeu mais je trouve que cela casse un peu la mystique autour de ce personnage légendaire. Il est le rival ultime mais il est censé surclasser l’humanité entière. Un combat contre lui, même à 5 contre 1, me semble casser ce mythe. En revanche j’apprécie beaucoup retrouver l’aspect cosmique que l’on ne trouve qu’à la toute fin de l’original. Bilan mitigé sur ce point donc avec des hauts et des bas.

Le dernier point concerne l’apparition de Zack si tôt dans le jeu. Il est logique que l’histoire soit restructurée étant donné l’ambition du projet et la taille du jeu original. J’apprécie la profondeur que cela donne à Cloud, Aerith et au thème du destin de positionner aussi tôt ces réminiscences dans l’aventure. Je pense que cela permettra d’étoffer leur relation et le lien qui les unit. En revanche je n’adhère pas du tout à la théorie qui veut que nous pourrions affronter le destin et sauver Aerith dans ce Remake. Une grosse partie du message du jeu passe par sa mort, la privation d’un personnage important et son retour à la Rivière de la Vie.

De même que la mort de Zack construit Cloud, son illusion de soi du moins. Je ne crois donc pas non plus à la théorie qui veut que Zack puisse rester vivant. La preuve majeure en est simplement l’épée broyeuse que Cloud détient au début de l’aventure.

La Mako insufflée chez les soldats de la Shinra, issue de la Rivière de la Vie dont seuls les Anciens peuvent entendre les murmures… Cette Mako, essence vitale de la planète, ne participe-elle pas plutôt à lier le destin de ces personnages à travers le temps, la vie et la mort? Ce superbe plan qui réunit Aerith, Cloud et Zack ne serait en fait qu’un écho de la Rivière de la Vie perçu par la dernière Cetra en vie. Ces illusions ou réalités cosmiques que sont les Fileurs et leur dimension ne participent-elles pas plutôt à renforcer la détermination de Cloud et ses amis pour réussir? Affaire à suivre…

Final Fantasy VII Remake tendrá escasez de unidades físicas por el ...

Un bilan positif

C’est donc avec plus de 60 heures de jeu que je livre un avis positif sur le jeu. Malgré des défauts impardonnables sur la technique pure de celui-ci. La nostalgie est bien là, ça respire bien la matéria et la Mako, la reconstruction de l’univers est une très grosse réussite. Le ton est bon malgré des quêtes annexes un peu lourdingues et quelques longueurs. Un bémol sur le côté couloir du jeu, un peu dépassé à mon goût. Le système de combat est le très gros point fort du titre. Et que dire de l’OST qui sublime l’ensemble ! Très bonne surprise donc pour un premier pan du remake qui est en soi un jeu à part entière (sans enjoliver les choses). Très curieux de voir la suite et le déroulé qu’ils vont décider d’emprunter. Bon jeu à tous et à bientôt !

Très bon !

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Textures | Quêtes annexes | Réécriture clivante

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1 réflexion sur “Test & Analyse – Le retour de Final Fantasy 7”

  1. Quel bel article l’analyses autour de l’œuvre, merci.
    Pour un fan de la première heure comme moi, je me retrouve dans tes paroles.
    #Peace

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